Attention, nos chroniques ont des crocs n°044 !

 

 Il y a bien longtemps que je n'ai pas écrit de nouvelles chroniques a des crocs... en réalité vous ne vous en rendrez même pas compte en lisant ces pages ou ces défilements d'écran... à moins évidemment que je n'use d'un subtil subterfuge pour vous faire comprendre ceci ? En glissant par exemple 728 pages vierges entre la dernière chronique et celle-ci ! Fort peu écologique, et vous avez bien raison de le dire... j'abandonne de ce pas l'idée (le temps de contacter mon éditeur !).

 Ce n'est pourtant pas faute d'être inspiré ! J'ai en effet eu l'occasion d'assister à de très coquasses scènes durant lesquelles je ne pouvais m’empêcher de penser à vous, de regarder quelques heures de teubévision toujours plus lamentable ou encore de faire des rencontres incroyablement incredibeul. Et pourtant, difficile de les coucher sur papier. Je crois qu'au fond de moi cela m'est de plus en plus difficile de cerner cette frange si large de la société qui s'oublie amèrement dans sa misère intellectuelle. L'on pourrait dire, avec raison, que l'on ne transmet qu'à ceux qui veulent bien recevoir. Et que donc par définition ces derniers sont déjà dans une attitude d'ouverture, ce n'est pas rien d'être prêt à recevoir. Alors que faire pour tenter d'approcher l’autre partie, ce public désintéressé ? En terme purement artistique, il est inutile d'essayer. En terme de transmission, c'est bien plus compliqué car essentiel d'y parvenir.

 Cela parait être une lutte, un véritable combat. Et ça l'est ! Comment amener la culture dans un cercle hermétique, bien verrouillé, dont les sujets eux-mêmes sont les premiers à renier son utilité, sont les premiers à s’exclure tout en se plaignant de n’avoir pour vie qu’une succession metro-boulot-dodo. Voire plutôt … AïeFone-TV-dodo ! Laissez-moi vous donner un exemple du fossé qui scinde le monde occidental :

 

 « Connaissez-vous le crossfounding, ces petites campagnes de dons que vous pouvez créer sur interne-net pour tout et n’importe quoi ? Une certaine conception de la solidarité, et une pratique économique à contresens de nos systèmes quelque peu périmés, donc une pratique très louable. Mais que penser donc de la chose suivante : à l’occasion de la sortie de l’Aïefone « DIX », un quidam lance une campagne pour que de sombres inconnus lui remettent des ronds afin qu’il puisse s’offrir son nouveau téléphone/agenda/blocnote/console/tv/lecteur/ventilateur/grille-pain/sèche-serviette qui coûte la modique somme d’un mois de salaire ?! Et au final, superbe élan de solidarité pour une cause pourrie, mais ça marche !!! Le type récolte en quelques jours de quoi se payer deux AïeFone … soit quelques 2500 euros !!! Quand à côté de cela, un groupe qui bosse dur pour sortir son premier cd va péniblement récolter quelques centaines d’euros en promettant des contreparties concrètes… Cela me pousse à ne pas tout comprendre… »

 

 Que dire, mais enfin ? Faut-il baisser les bras qui nous en tombent ? … comme le laisse suggérer le ton maussade qui s’impose à moi depuis quelques lignes… Suis-je abattu ? Non. Suis-je atterré ? Un peu quand même… Suis-je prêt à continuer de me battre pour que la culture prenne le dessus dans les chaumières ? Oui. Oui ! … et encore OUI !!! Parce qu’il est important de faire comprendre qu’on est tout simplement plus heureux à passer un moment à lire un livre à nos enfants le soir sous une couverture, plutôt qu’à les faire s’endormir devant youteub parce que y z’aiment trop bien ce dessin animé ! A-t-on le droit de critiquer ces pratiques et les gens qui vont avec ? Eh bien oui, même si c’est vrai, eux-mêmes n’ont peut-être pas reçu l’ « éducation » qui les pousserait à enrayer la débilisation croissante de notre société. Mais à un moment, il faut que les choses soient claires : nous avons la chance de vivre avec beaucoup de liberté, avec la possibilité d’échanges, de partage de connaissance, avec une Ecole qui est pleine de défauts mais qui a aussi le potentiel de parer au manque d’éducation à la maison. « Je ne suis pas éduqué donc vous ne pouvez moralement pas me reprocher de ne pas éduquer mes enfants !» est le discours sous-jacent, d’une stupidité bouleversante, point de départ d’une spirale infernale menant donc l’humanité à sa perte de génération en génération. C’est cette logique qui dans un temps très court creuse les fossés, qui donnent l’impression d’une caste élitiste face à une bas de gamme et de plafond. Il y a bien des moyens de nous élever ensemble pour construire une société, non pas meilleure, mais dans laquelle chacun se sent meilleur, utile, heureux.

 Passons simplement un moment ensemble, acceptons toujours d’apprendre de l’autre, y compris quand on doute de l’autre ! Si en lisant ces lignes, vous êtes amené à en parler avec ne serait-ce qu’une seule personne, si vous n’êtes pas d’accord avec elle mais que vous débattez … alors ce sera gagné pour moi. Le partage sera la valeur principale du troisième millénaire, les enfants naissent et partageront absolument tout de leur vie comme nous commençons déjà à le faire (données, voiture, habitation, loisirs,…). Le tout est de savoir ce que nous voulons qu’ils aient à partager… Et faut pas trop attendre à mon avis…

"Nom de Zeus Marty, cette chronique s'intitule EPONYME !

- Et alors Doc ?

- Mais enfin Marty, elle n'est pas éponyme puisqu'elle a un titre ! Bong sang, nous sommes en train de créer une boucle syntaxo-spacio-temporelle !!! C'est une catastrophe,  par notre faute des générations entières se perdront dans un vortex grammatical ...

- C'est grave Doc ?

- Elles risquent de ne plus pouvoir écrire sans fautes d'orthographe !!!

- 6 C Ke sa..."